Karma et samasara

samsara

Karma quand tu nous tiens !

Je vous livre ci-dessous un exemple de vie qui illustre bien la tyrannie exercée à notre insu par nos empreintes du passé (samskaras) et nos désirs inconscients (vasanas), ces forces émotionnelles toutes puissantes qui nous font osciller en permanence entre deux pôles extrêmes jusqu’à l’hypothétique prise de conscience libératrice.

Cet exemple de vie assez affolant m’a été transmis par Maximilien que je remercie !

Nous vivons tous des expériences de vie comme celle-là en parfaite inconscience, que d’énergie perdue, que de larmes, que de souffrances !

On voit bien les pulsions inconscientes qui vont enchainer cet être en le propulsant dans la réalisation de désirs opposés et sans fin menant à un enchainement infini, un cycle de naissances renaissances qui ne pourra se terminer s’il n’y a pas prise de conscience !

La psychanalyse moderne engagée par Sigmund Freud est un bon début pour le nettoyage de l’inconscient en amenant à la conscience ces phénomènes, mais cette approche a ses limites car elle ne reconnait pas l’origine profonde de ces pulsions.

L’image ci-dessous est celle de la Roue de la Vie, cycle des incarnations qui font évoluer ou involuer les psychismes vers des états plus ou moins favorables, remarquer que la société des castes en Inde reprend en partie ce plan. Ayant atteint le plus haut niveau, celui des dieux, l’âme retombe ensuite dans le monde le plus bas et le plus misérable…

samsaraEugénie Guillou

Eugénie Guillou, née le 14 septembre 1861 à Paris, est une ancienne religieuse devenue prostituée, proxénète et adepte du fouet, connue à travers les archives de la police parisienne du début du XXe siècle, retranscrites et publiées par Daniel Grojnowski.

Un dossier de police
La principale source disponible est le dossier de police BA no 1689 retrouvé par Daniel Grojnowski. Celui-ci justifie son intérêt pour ce document et pour ce personnage en ces termes : « Ce qui m’a fasciné, c’est l’extrême énergie et la totale solitude d’une femme qui lutte avec les moyens dont elle dispose, alors qu’elle se dit elle-même sans beauté, dénuée d’attraits particuliers. Elle ne renonce jamais à rester « indépendante », seule contre tous, à la manière d’un chef d’entreprise qui prend en main son destin et, du même coup, tous les risques.»

Institutrice puis religieuse
Après que sa famille, semble-t-il aisée, a été ruinée par un revers de fortune, Eugénie Guillou obtient en 1878 son brevet de second ordre et devient sous-maîtresse dans une école à Vincennes. En 1880, elle rejoint la congrégation des sœurs de Sion. À sa majorité, le décès de son père en juillet 1880 la laisse sans appui.
Devenue sœur Marie Zenaïde, elle demeure 12 ans chez les sœurs de Sion, sans que l’on n’en sache guère plus sur cette période. Après avoir prononcé sa profession de foi, elle est envoyée de 1882 à 1885, puis à nouveau de septembre 1885 à 1890, dans la communauté de Jassy, en Roumanie3. Les raisons du refus opposé en 1882 à la prononciation de ses vœux perpétuels sont également indéterminées4. Un accord de dédommagement en sa faveur est cependant connu, pour un montant de 2 000 F. Par la suite, en 1902, elle engage, mais en vain, une procédure devant le tribunal de la Seine en exigeant 20 000 F

Prostituée et proxénète
On ne sait pratiquement rien d’elle durant les années qui suivent, de 1894 à 1900. Elle semble avoir vécu de ses services de gouvernante ou d’enseignante et apparaît brièvement comme bonne chez une proxénète.
Elle se fait à nouveau connaître cette fois en étant arrêtée pour prostitution en décembre 1902 et brièvement incarcérée à Saint-Lazare, puis en janvier 1903 lors d’une enquête sur ses activités de « femme galante » : selon une pratique alors courante, elle utilise les petites annonces de la presse pour proposer des rendez-vous. Elle s’y « pose en adepte du fouet, tantôt passive, jouant le rôle de victime complaisante, tantôt active, bourreau qui choisit de jeunes proies pour satisfaire des amateurs-voyeurs, et, dans tous les cas contre rémunération. Les tarifs qu’elle indique sont à la mesure des services très particuliers qu’elle rend ».

Elle fait preuve d’une imagination débordante dans la rédaction de ses petites annonces, et joue de la vogue du fouet à des fins amoureuses que connaît la fin du siècle. En 1903, illustrant son surnom de « La Religieuse », elle se fait tirer trois portraits en pied par un photographe, deux la représentant en religieuse, la troisième le sein dénudé : « elle utilise les désirs masculins comme gagne-pain. Mais elle situe son activité à un niveau élaboré. En effet, elle ne pose pas comme « corps à vendre », mais comme partenaire à la recherche de comparses-complices. D’où l’importance déterminante de sa tenue que la photographie divulgue et magnifie ».
Pour Daniel Grojnowski, « quoi qu’il en soit, les voluptés qu’elle éprouve en se laissant fouetter ou en fouettant un inconnu relèvent d’une libido singulière, moins masochiste ou sadique qu’auto-érotique, puisque la mise en scène du scénario auquel elle prend part comme actrice, lui apparaît condition sine qua non de l’orgasme ».

Devenue proxénète et « femme d’affaire », elle ouvre successivement plusieurs établissements : une maison de rendez-vous rue de Berlin en mars 1903, un autre rue de la Victoire en décembre 1903, le commerce Beauty Salon rue de Turbigo en 1907 ; ce dernier devient l’Institut Beauty Palace en 1909, qu’elle quitte en 1911. Les années 1903-1907 semble avoir été les plus prospères : rue de la Victoire, elle a jusqu’à sept ou huit « filles » sous ses ordres, soumises au contrôle médical, et propose à ses clients de multiples services : « plaisirs lesbiens, pédophiles, bains et massages divers, voyeurisme. Un rapport de police, plutôt que les énumérer, préfère les mentionner par un double « Etc. » ».

Sa trace se perd en 1913.

Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nie_Guillou